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La fin de l’humanité

Ainsi donc, nous y sommes.

Après 200 000 années qui ont vu l’espèce humaine, Homo Sapiens, évoluer vers toujours plus d’intelligence, de raison, de force et de santé, il est venu, le temps de la chute et du déclin.

Toutes les études le montrent avec force: notre espèce est entrée en régression. Car ce ne sont pas un ou deux indicateurs isolés qui clignotent, mais tout un faisceau de preuves qui aujourd’hui convergent. Des indicateurs qui progressaient constamment depuis des siècles et des siècles se mettent subitement à chuter.

Nous avons déjà vu comment l’humanité se déplaçait de plus en plus lentement.

Plus préoccupant, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, en une génération, les performances sportives moyennes de la population se sont effondrées (voir ici, ici et ici).

De même, l’acuité visuelle des nouvelles générations a fortement diminué.

Malgré les progrès incroyables de la médecine, après des siècles d’augmentation constante, l’espérance de vie et l’espérance de vie sans incapacité se mettent à diminuer. Il semblerait d’ailleurs que les progrès en espérance de vie qui avaient été constatés auparavant tenaient plus à notre capacité à nous rafistoler rapidement en cas de problème (accidents cardio-vasculaires, SAMU..) qu’à l’amélioration de notre santé, de notre environnement ou de notre hygiène de vie.

On pourrait penser que la pratique des jeux vidéos, le stress des sociétés modernes et la motorisation croissante des populations améliore au moins nos réflexes – mais il n’en est rien, même de ce point de vue le déclin est marqué, nos temps de réaction ont fortement augmenté en un siècle!

Pire, alors que l’intelligence humaine moyenne était en progression constante depuis des siècles (le fameux effet Flynn), pour la première fois les tests montrent que le QI des nouvelles générations sont en baisse sensible par rapport à celui de leurs aînés (voir ici, ici et ici).

En vérité, tous les indicateurs convergent: que ce soit au plan physique ou intellectuel, l’espèce humaine a arrêté tout progrès et a entamé un déclin profond.

Certes, certains prétendent que d’autres capacité se sont améliorées, mais ils sont bien en mal de citer quoique ce soit de mesurable, à part peut-être l’aptitude à attraper des Pokemon ou à taper rapidement des textos à 2 doigts.

Par un paradoxe ironique, les soins médicaux et sociaux qui nous sauvent en tant qu’individu signifient en même temps notre fin en tant qu’espèce. L’humanité s’est enfin affranchie de la sélection naturelle, loi ô combien cruelle. Mais cette loi était aussi le processus fondamental régissant l’évolution des espèces et donc leur adaptation et leur survie, sous une forme renouvelée. Ne bénéficiant plus de cette adaptation, nous sommes  condamnés à régresser et disparaître à plus ou moins brève échéance.

Mais au moins pourrons-nous avoir la satisfaction mitigée d’avoir connu l’apogée du règne humain sur notre terre…

Le port de l’angoisse

Après Argenteuil, j’ai poussé encore plus loin vers le Nord mes explorations péri-urbaines, attiré par le grand, l’immense Port de Gennevilliers. Je l’avais déjà contemplé depuis l’A15, et intrigué, j’avais alors appris qu’il s’agissait du plus grand port fluvial de France, et un des plus grands d’Europe.

A Gennevilliers, il ne faut pas s’attendre à la vision nostalgique du port, avec ses bateaux, ses quais, ses marins et ses dockers. L’accès aux darses est réservé à la noria des semi-remorques et strictement interdit au visiteur. Tout y est de dimension inhumaine. L’homme y est d’ailleurs rare et invisible, caché derrière les pare-brises des camions et des charriots porte-conteneurs. Avec ces engins, un homme seul empile des conteneurs de 12m de long et de 20 tonnes comme si c’était des briques de Lego.

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La pluie venait de tomber. La lumière traversait les nuages pour frapper le métal des conteneurs et des réservoirs.

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Et il n’y a guère que le bleu décati d’un poste électrique devant son algeco pour nous rappeler les mers lointaines d’où viennent toutes ces marchandises.

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Avant de partir, une barre abandonnée (mais en était-ce vraiment une?) nous rappelle qu’autrefois on voyait des bateaux dans les ports…

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L’aqueduc d’Argenteuil

A la suite de mes multiples périples à Bezons et au travers des riantes cités du Sud menant à cette ville phare de notre économie, je me suis aventuré pour la première fois vers les Terres du Nord, et la mystérieuse métropole boréale d’Argenteuil.

Chemin faisant j’y ai rencontré, comme à Bezons, les vestiges d’une civilisation que l’on imagine autrefois audacieuse et florissante:

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Mais c’est le Pont Aqueduc qui m’a surtout intrigué.

Vu du dessus, la passerelle donne à contempler les Deux Mondes que tout oppose, le 9-5 et le 9-2, à la fois séparés et unis par le Fleuve majestueux et serein. La passerelle elle-même est rompue en son centre, comme un symbole de la fracture inéluctable, et ses barreaux sont réminiscents de la ségrégation qu’elle est pourtant sensée rompre. Au loin, Bezons et Colombes se font face dans un affrontement silencieux.

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La vue du dessous est quant à elle clairement un hommage à l’audace de nos ancêtres, qui au XIXème siècle osèrent une architecture métallique sans concession ni chichi pour leurs ouvrages les plus prestigieux – bien avant que tout ne finisse englué dans le béton.

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Enfin, vu de l’intérieur, les conduites métalliques courant sous les voies supérieures nous révèlent la fonction première de l’ouvrage, qui est d’évacuer vers Achères les eaux usées du grand Emissaire Général de Paris.

Et il n’est alors pas déplaisant de songer que sans ce modeste ouvrage, l’orgueilleuse cité de Paris mourrait engloutie dans ses propres déjections!

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