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La Passion d’Armstrong

J’aime à voir en Lance Armstrong une figure christique des temps modernes.

Comme l’Elu, il a accompli de nombreux miracles: cette fulgurance mystique et géniale dans la descente vers Gap, cette montée vers Hautacam, comme l’autre marchait sur l’eau… Et l’absence affirmée de son père biologique ne résulte-t-elle pas au fond d’une Immaculée Conception? Sept fois il a tourné autour de la citadelle, sept fois il a vaincu, et les murailles de l’incrédulité se sont effondrées.

Souvent, le Diable fût là pour le tenter. Probablement, il succomba, mais que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre.

Aujourd’hui, vêtu de lycra et de probité candide, ce dernier Tour est sa Passion, et le Col de la Ramaz fut son Golgotha. Il eut ses apôtres, fidèles, mais aussi ses détracteurs, féroces. Landis fût son Judas et comme Pierre, Hincapie le reniera.

Et ses chutes, ses difficultés sur les pavés, sous les regards moqueurs de ses congénères qui autrefois le reconnaissaient comme leur Roi… Aujourd’hui, sous les quolibets et les injures de la foule, il porte sa croix et vit son calvaire. Il se sait condamné, mais, malgré le Doute, abandonné par son Dieu, il va jusqu’au bout, et garde la Foi. Sa crucifixion et sa lente agonie se lisent chaque jour au classement. Mais qui sait, peut être ressuscitera-t-il à Kona?

Cycliste, ô mon frère , aie pitié de la souffrance d’Armstrong, et compatit pour sa douleur. Car son sang est le nôtre, et son calvaire notre rédemption.

 

Lamya

 

Hier j’ai fait une infidélité à Draghisa, et j’ai profité de mon exil professionnel dans le 9-5 pour aller chez Lamya me faire couper les cheveux.

J’ai divisé mon budget coiffure par 3 (la coupe est à 9 euros), et peut-être que comme ça j’arriverai un jour à ressembler à l’homme en photo dans la vitrine?

 

 

souffler / pas jouer ?

Voici venue l’Ere du Souffleur.

La Science avait triomphé, et avait enfin donné à l’Humanité la technologie pour « tirer 20 cm de tissus propre et sec » de façon à peu près fiable. Mais en 4 / 5 ans, le Souffleur a tout emporté. Attentes interminables dans ces lieux sordides, à se faire dessécher les mains. La peau qui se ride, les gerçures qui se forment, les crevasses qui s’ouvrent… cette sensation insupportable de dessication, forme ultime de la barbarie moderne.

Et dans la rue, quand vient l’automne, ces sinistres mutants qui passent, tenant leur Souffleur tel l’épée de Dark Vador. Il faut bien que la force soit avec eux, pour pousser leurs feuilles sous la voiture-balayette, dans la puanteur de l’essence et le vacarme des turbines emballées! Et maintenant qu’ils ont senti l’appétence monter, « ils » diffusent l’objet vers le plus grand nombre. Percolation du Souffleur dans les strates banlieusardes. Vu au catalogue de Casto, signe d’une prégnance indiscutable dans l’inconscient pavillonnaire. Et entendu une concierge, dans la rue: « Evidemment, c’est beaucoup plus long qu’avec un râteau, mais c’est tellement plus pratique… » S’il n’en reste qu’un je serai celui-là, cals aux mains, scarifiant et ratissant, savourant le crissement âcre des lames métalliques sur le ciment.

Le Souffleur est l’emblème paradigmatique de la société moderne, préservée, isolée, repliée sur elle-même. Le souffle induit distanciation entre sujet et objet. Il évite le contact physique direct, préserve une pureté idéalisée, virtualise l’action sur le réel, au prix d’une surconsommation énergétique et d’une dégradation environnementale accrue. Mais les feuilles, elles, qu’est-ce qu’elles en pensent?

Collet battu

Brève (pas si brève) de banlieue: collet battu

Kat qui dit: « Y en a marre de ce robinet dans la cuisine, on se brûle tout le temps. Je veux un mitigeur. »

J: Achat d’un mitigeur. Examen du plan de travail pour le fixer. Infiltrations d’eau. Plan de travail pourri jusqu’à la moelle.

J+1: Mesure de l’ancien plan. Achat d’un plan chez Casto. 310×65. Stratifié, résistance aux chocs, à la température, à l’eau. « Vous en avez pour 3 heures à l’installer ». 50 kilos à se trimbaler sans prise pour attraper… Evidemment, ça ne rentre pas dans la voiture. Laisser le coffre ouvert dans la pluie…

J+1: Départ de Kat et des enfants en vacances. En profiter pour faire les travaux. Trouver les robinets pour couper l’eau. Scier les tuyaux du mélangeur. Dépose du mélangeur. Dépose de l’évier. Dépose de l’ancien plan, débité sur place… Vraiment pourri. Déplacement des meubles bas, sur lesquels reposait le plan. Derrière, vision d’horreur: moisissure, salpêtre, toiles, araignées…

J+2: Dégager les éléments sensibles de la cuisine. Décapage complet du mur. Traitement Rubson au silicone hydrofuge, bactéricide et fongicide. 2 couches. Séchage avec le chauffage d’appoint.

J+3: Découpe du plan de travail à la bonne longueur. Découpe de l’emplacement de l’évier. Attention pour qu’il reste ajusté par rapport au tuyau d’évacuation! Etanchéification des chants au joint silicone. Poussière/sciure dans tout le rez-de-chaussée. Décapage/nettoyage des meubles bas. Consolidation/revissage des meubles. Remise en place des meubles bas. Pose du plan. Rien ne va: hauteur, mur du fond pas droit. Re-découpage du plan. Ré-étanchéification des chants, calage des hauteurs, remise en place. 4 itérations avant d’avoir un plan qui colle à peu près au mur. Ménage du rez-de-chaussée. Etanchéification de la liaison plan de travail – mur au joint silicone, appliqué à la pomme de terre, puis au doigt humide enduit de liquide vaisselle. Pose de l’évier, étanchéification, raccordement aux évacuations.

J+4: Tentative pour fixer le mitigeur. Percer l’évier inox, plutôt que le plan. La fiche conseil dit qu’il faut un emporte-pièce de 35mm. Pas d’emporte pièce de 35 chez Casto, ni chez Brico: « matériel professionnel ». Tant pis, on se débrouille avec des petits trous à la perceuse et en finissant à la queue de rat. Mitigeur livré avec joint flexible, adaptable par raccord bicône sur tuyau de 12. Evidemment, ce sont des tuyaux de 10 que j’ai en place…

J+5: chez Brico: raccord de réduction 10 – 12 => soudure – pas équipé pour ça! Retour à la maison. Dépose des jonctions robinet par collets battus diamètre 10. Raccord de robinet 15×21. Retour chez Brico: achat de 2 raccords 15×21 vers olive bicône diamètre 12. Achat d’un tube de 12. Découpage du tube de 12. Mise en place des raccords sur robinet. Fixation du mitigeur sur l’évier. Raccordement du mitigeur sur les tuyaux de 12. Ouverture des robinets d’arrêt. Fuite. Coupure de l’eau.

J+6: Examen de la fuite. Robinet d’arrêt pourri, n’a pas supporté d’être fermé puis ré-ouvert. La fuite ne vient pas du joint, mais de la tête de robinet. Brico: achat d’une tête de robinet 12×17. Dépose de l’ancienne tête. Remplacement. Remise en eau. Re-fuite. Re-Brico: achat d’un robinet complet. Tentative de dépose du robinet complet. Impossible, sauf à tout arracher. Ré-examen de la fuite. Toutes ces études, tous ces problèmes de robinet, et jamais su comment marchait un robinet! Personne ne le sait. Système éducatif déconnant. En fait il suffisait de serrer l’écrou supérieur de la tête de robinet.

J+7: grand rangement et ménage avant le retour de la famille. Aspirateur partout. Passer au chiffon tous les objets de la cuisine, couverts d’une épaisse couche de poussière de moisissure, suite au décapage des murs…

J+8: retour de Kat. Tout fier de lui présenter la cuisine. « Ça fuit! », qu’elle dit. Ça vient de l’évacuation, cette fois-ci…

 

Sangliers, gazelles et crevettes

On se demande souvent quel est le meilleur athlète, du cycliste ou du coureur, de l’haltérophile ou du nageur… Je connais enfin la réponse.

Lorsque je ne suis pas en déplacement à l’étranger, je travaille à Nanterre, dans un vaste immeuble, un peu en retrait de la Défense.

Cet immeuble héberge de multiples sociétés, et une salle de sport, mise à disposition des salariés de ces sociétés.

Voici quelques mois, les gérants de cette salle de sport ont décidé d’organiser un Décathlon, qui aurait pour objet de désigner les meilleurs sportifs du site. 10 épreuves, à faire en 2 semaines, sur les installations de la salle.

En bon triathlète, je m’entraîne habituellement en plein air, sur les routes de Chevreuse, ou dans les bois environnant ma maison, et je nage dans une vraie piscine. Mais une méchante tendinite au  tendon d’Achille m’empêchant de courir, et n’ayant plus d’objectif  de ce fait avant Septembre, j’avais un peu de temps libre. Je me suis dit qu’il serait amusant de participer, qu’un peu de PPG ne pouvait pas faire de mal, et je me suis donc inscrit, un mois environ avant les épreuves – le temps de s’entraîner un peu, quand même!

J’ai donc assidument fréquenté la salle de gym pendant un mois, et j’ai pu jauger des forces en présence. En gros, 3 types de participants:

– les Sangliers: il s’agit des accros de la Salle de gym. Biceps saillants, pectoraux surdéveloppés, tablettes de chocolat… Des mecs qui passent plusieurs heures par jour à pousser de la fonte.

– les Gazelles: quelques rares amateurs de course à pied, tout fins, tout fluets, qui vont courir ensemble 3 fois par semaine entre midi et deux. Avant mes problèmes de tendinite, j’avais suivi quelques uns de leurs entraînements, au Parc A. Malraux ou sur la piste d’athlé Jean Guimier, et c’est du solide: travail en fractionné, au seuil, en VMA… D’un point de vue morphologique, je suis plutôt dans leur catégorie. Même si mes 73kg pour 1m80 ne me rangent pas spécialement parmi les fluets, je ne suis certainement pas comparable aux 90kg et plus de muscle des Sangliers!

– les Crevettes: la vaste majorité des participants, les intellos de l’immeuble, cadres pressés mais qui se font des bonnes petites bouffes, qui se donnent bonne conscience en passant de temps en temps une heure à la salle de gym après avoir fumé une clope, et croient qu’ils sont en forme parce qu’ils font du golf ou du tennis le dimanche.

Au delà des oppositions morphologiques, on sent une sourde lutte sociologique – lutte des classes pas morte – entre les Sangliers, essentiellement issus des nombreux services de sécurité de l’immeuble, gros bras rompus aux arts martiaux (vale tudo, ju jitsu, boxe thai…) et à la muscu, et les autres, les intellos, cols blancs salariés des sociétés de l’immeuble, qui passent l’essentiel de leur journée plantés devant leur PC ou en déplacement, suspendus à leur téléphone, à la poursuite éternelle du client. Je suis clairement dans la deuxième catégorie. Les Sangliers pensent enfin tenir leur revanche sur leur terrain favori, mais la licence de triathlon que j’ai dû montrer pour éviter d’avoir à produire un certificat médical suscite quelque méfiance, malgré mes 47 ans bien sonnés: un intrus pourrait-il perturber la domination des Sangliers, annoncée sans partage?

Qui gagnera? Sanglier, crevettes, ou gazelles? Body builder ou triathlète?

Tout se décidera dans les épreuves!

Pour corser le tout, la course se fait en équipe, un homme et une femme, sachant qu’il y aura des classements par équipe et individuels. 92 participants en tout, 46 hommes et 46 femmes.

 

1ère épreuve: le vélo. Faire la plus grande distance possible en 3 minutes, sur un vélo de gym modèle Stairmaster.

En m’entraînant à la salle, j’ai pu comprendre le fonctionnement du Stairmaster. Avec une molette, on fixe un niveau, entre 1 et 20, qui correspond à une puissance donnée (en Watt) – et donc à une vitesse donnée. Ce qui signifie qu’à un niveau donné, plus on pédale vite, moins il faut appuyer fort, pour rester constant en Watts – c’est comme si on changeait de braquet à puissance et vitesse égale sur un vélo. Si on ralentit la fréquence de pédalage, la résistance augmente, mais jusqu’à un certain point seulement: en dessous de 70 tours/minutes, elle finit par rester fixe, et donc la puissance produite et la vitesse décroissent.

Pour faire le score max, c’est donc facile: fixer la résistance au max (niveau 20, soit 375 Watts), et pédaler pendant 3 minutes à plus de 70 tr/min. Ma PMA étant de l’ordre de 375 W, a priori pas de problème.

Je me cale donc à niveau 20 (soit 375 Watt) et pédale à 100 tr/min pendant 3 minutes, ce qui me donne une distance de 2,76 km, impossible à battre sur ce vélo – même pas mal à la fin!

Du coup meilleur score – et de loin! Même si la durée typique de mes sorties en vélo est plus proche de 3h que de 3 minutes, tous ces dimanche matin en Chevreuse ont payé! Mort de rire de voir les sangliers essayer de faire mieux. Ils ont vu qu’il fallait caler la résistance au max, mais ils n’ont pas compris que la cadence optimale à 375 W était plus dans les 100tr/min que dans les 70! Ils tiennent 1’30 ou 2′, en danseuse souvent, mais ensuite le coeur lâche, et la dernière minute est souvent pathétique!

Bilan: 1er sur 46 – ça démarre bien! Mais bon, je sais que j’ai mangé mon pain blanc…

 

2ème épreuve: les abdos. Couché au sol, pieds calés, jambes pliées, mains sous la nuque, remonter le buste à la verticale, puis descendre en touchant les omoplates au sol. Faire le plus de répétitions possibles en 1’30 ».

Je me lance, part sur un bon rythme… mais au bout du 70ème, plus rien dans le bide, impossible de se relever. J’arrive péniblement à 73. Voilà ce que c’est de jamais travailler ses abdos – car c’est vrai qu’entre la CAP, la natation et le vélo, on ne les sollicite guère…

Et c’est là que la supériorité des Sangliers et des tablettes de chocolat est manifeste: 91 mouvements pour le record!

Bilan: 5ème – pas trop mal quand même, je limite les dégâts. J’ai bien sûr battu toutes les crevettes, mais aussi toutes les gazelles, et même quelques sangliers à tablettes de chocolat!

 

3ème épreuve: la course à pied. Courir sur le tapis de course la plus longue distance en 20 minutes.

A priori, la seule épreuve de fond du décathlon, je me dis que c’est l’occasion de larguer les sangliers, même si bien sûr quelques gazelles risquent de me battre.

Premier à prendre le départ, une gazelle, habitué de la piste d’athlé de Nanterre. Départ à 17 km/h, ralentissant à 16,5 sur la fin de la course: total 5.6km en 20′. Je me dis que ça va être difficile de faire mieux. En principe je cours le 10 km en 38′, soit 15,8 km/h, ce qui devrait rendre les 5.6km atteignables, d’autant que 17km/h sur tapis doivent être équivalents à 16 sur sol, mais avec mes problèmes de tendinite et mon manque complet d’entrainement en CAP, ça va être très très chaud…

Vient maintenant le tour des sangliers.

Le premier passe. Complètement asphyxié et dans le rouge à la fin de l’exercice, les puls à 200 bpm, on manque de l’évacuer sur une civière.

Au tour du second. Il part à 20km/h avant de se faire balancer dans le décor par le tapis!

Il n’y aura pas de 3ème: l’organisation préfère éviter les morts et décide d’arrêter les frais. On annule la CAP et on la remplace par un quizz sportif – nettement moins dangereux d’un point de vue cardiaque et traumatologique! Mais pas bon pour moi… et encore moins pour les gazelles, un peu dégoutées, et qui viennent de perdre toute chance de faire quoique ce soit d’honorable dans ces épreuves.

 

3ème épreuve bis: le Quizz. Une série de 10 questions sur le sport.

Questions du genre qui a gagné 3 fois de suite Rolland Garros (Bjorn Borg)… et je cale sur la dernière: combien y a-t-il de joueurs dans une équipe de basket. Je mets 6 au lieu de 5. Bien fait pour ma gueule, ça m’apprendra à être méprisant pour les sports co!

Bilan: 8ème ex-æquo (7 ont trouvé les 10 bonnes réponses).

 

4ème épreuve la natation. Faire 75m (5 longueurs de bassin de 15m) le plus vite possible, départ dans l’eau.

Bon, je me dis que ça devrait aussi être bon pour moi!

Je pars à l’arrache, façon départ de triathlon, avec fight à la bouée, bras tendus, haut sur l’eau, mais je foire un peu mes virages, et il y en a beaucoup à faire dans un bassin de 15m – et faut dire aussi que ce n’est pas ce que l’on bosse le plus en tri! Temps: 49″.

Je regarde ensuite les Sangliers. Du grand n’importe quoi, avec l’eau qui gicle à 10m de haut mais les mecs qui n’avancent pas! Rien de mieux que 55″, avec une pointe à 1’40 » en brasse!

Et puis soudain, parmi les Crevettes, un Nageur, un vrai. Une nage impeccable, la coulée longue et fluide sous l’eau. Le corps en ligne, les mouvements de bras rares et efficaces. Même pas fatigué après l’effort. Temps: 47″. Une leçon.

Bilan: 2ème. Encore bien, mais maintenant il va falloir aller jouer sur le territoire des gros bras!

 

5ème épreuve: les développés-couchés. Allonger sur un banc, soulever une barre pesant la moitié du poids de son corps. Les bras doivent être tendus lors de l’extension, et la barre doit toucher la poitrine lors de la flexion. Pas plus de 3 secondes entre chaque mouvement.

Je me suis un peu entraîné le mois d’avant, mais juste de quoi comprendre que ce n’est vraiment pas une épreuve pour moi. En faire le minimum pour battre les crevettes et les gazelles, mais les sangliers sont inatteignables sur leur terrain de jeu par excellence. Objectif atteint avec 39 développés-couchés. Devant les crevettes et les gazelles, mais loin derrière tous les sangliers, et notamment très loin derrière le vainqueur: 113 reps! Respect.

Bilan: 17ème – va falloir rattraper ça!

 

6ème épreuve: le saut à la corde. Saut à la corde pieds joints, sans rebond intermédiaire. Tenir le plus longtemps possible sans interruption. 3 essais max.

Heureusement, j’ai pu m’entraîner un peu le mois d’avant, car au début, je ne tenais jamais plus de 30″ avant de me prendre les pieds dans la corde. Et j’ai pu remarquer qu’en faisant tourner la corde assez lentement, on ne se fatiguait pas, même si le risque de se désynchroniser devenait plus élevé. Tout ceci me permet de tenir 6’40 » le jour de l’épreuve. Un peu frustré, car j’arrête non pas à cause de la fatigue, mais par inattention, en me prenant la corde dans les pieds par 3 fois. Mais c’est la règle…

Arrive un boxeur. La corde tourne à toute vitesse, les pieds décollent à peine du sol, on a l’impression que le corps est immobile: il tient comme ça 36 minutes !!!

Bilan: 3ème – un peu volé, mais content de moi sur ce coup!

 

7ème épreuve: les tractions. Suspendu à une barre bras tendus, paumes tournées vers le visage. Remonter le menton au dessus de la barre. Redescendre bras tendus. Faire le plus de rep possible.

Je me dis que là encore je vais prendre cher face aux gros bras de la salle. L’objectif est donc de limiter les dégâts, en battant les Crevettes et les Gazelles, mais sans espérer taper les Sangliers. Cependant au cours du mois d’avant, je me suis pas mal entraîné, faisant mes 3 séries de 10 rép de plus en plus confortablement. Et puis peut-être que la natation après-tout m’a un peu développé les biceps (ce qui est probablement le signe d’une technique natatoire défaillante, mais c’est une autre histoire). Toujours est-il que je me surprends moi-même en faisant 23 reps, ce qui me permet de battre pas mal de sangliers, handicapés par leur poids excessif. Tout en restant à distance respectable du record de 28 reps, atteint par les 2 meilleurs d’entre eux. Des mecs qui s’entrainaient en faisant leurs tractions avec 10kg attachés à la taille…

Bilan: encore 3ème – inespéré, ça commence à sentir bon!

 

8ème épreuve: les fléchettes. Trois essais de 3 fléchettes. La règle de comptage des points est celle des Darts, avec une cible bizarroïde découpée en 21 secteurs (voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Fl%C3%A9chettes).

Bon, là c’est vraiment du grand n’importe quoi, le pur hasard roi du monde, vu la tête de la cible et les règles étranges de comptage de points. A 2mm près, on peut marquer 60 ou 1 point. Je marque 57 points. Le record est de 150 points – je ne l’ai pas vu, et je ne sais même pas comment c’est possible avec 3 flèches!

Bilan: 14ème.

 

9ème épreuve: souplesse. Debout jambe tendues sur un tabouret, descendre les mains devant soi le plus bas possible.

Heureusement, nous avons droit à un joker, en faisant effectuer par notre partenaire une des 10 épreuves. Raide comme un passe-lacet, c’est avec grand plaisir que je laisse donc ma très flexible partenaire gagner cette épreuve avec 26cm sous le niveau des pieds!

Bilan: 1er, mais j’y suis pour rien!

 

10ème épreuve: la chaise. Rester dos collé au mur, cuisses horizontales, bras ni sur les cuisses ni sur les hanches, le plus longtemps possible.

Là aussi, l’expérience paye. J’avais essayé de faire l’exercice quelques jours avant, et j’avais déjà compris que pour tenir longtemps, il ne fallait pas plier les jambes à angle droit, mais plutôt à 45° (ou plus exactement 135°), tout en gardant les cuisses horizontales.
Ensuite, juste avant de passer, j’en vois qui se font caler les pieds, qui ont tendance à glisser. Je demande si je peux me mettre un vélo devant pour caler les pieds, et c’est accepté. Au final, avec les pieds calés et un angle de 135°, la position est assez confortable. Passé une phase désagréable de tremblement incontrôlé des quadriceps, les muscles se tétanisent, et je ne sens plus rien. Au bout de 40 minutes, on décide d’arrêter. Nous serons ainsi 3 à tenir 40 minutes – durée max de l’épreuve.

Bilan: 1er ex-aequo.

 

Bilan total des courses
On compte 46 points pour une place de 1er, 45 points pour 2ème etc…

Résultat final:
1er au classement général Homme!!!
2ème au classement par équipe homme-femme
Une coupe kitsch de plus à rapporter à la maison. Ma femme ne va pas être contente!

Et c’est ainsi que fût enfin prouvé que le triathlète est le plus grand de tous les athlètes, tous sports confondus…

 

 

Le classement final

 

 

Trophée kitsch

La 77

Cette année, j’ai participé pour la deuxième fois à la 77, classique cyclosportive de la région parisienne. 1040 inscrits au départ. Avec quelques collègues du club, je suis en fin de peloton, dans le 3ème sas – il y a 250 coureurs par sas, et les dossards prioritaires (une centaine de coureurs sélectionnés sur titre) devant tout le monde…

Après la trop longue attente, le départ, à fond – 48 km/h au compteur. Tous savent qu’il faut dès le départ remonter vers la tête, avec les meilleurs. Pas question d’échauffement, tout de suite se mettre dans le rouge, même si la matinée sera longue! Au 5ème kilomètre, les plus rapides sont passés en tête du groupe, et nous voyons 200m devant le peloton des dossards prioritaires qui s’est déjà détaché. Heureusement, je réussis à m’accrocher à un groupe de chasse qui roule furieusement, emmené par un célèbre triathlète belge bien connu des forums Internet – et au 10ème kilomètre on réussit à faire la jonction. Complètement carbonisé par l’effort, je reprends mon souffle, en queue du groupe, en me disant qu’il faudra remonter vers le tiers de tête de ce peloton avant le 50ème kilomètre, où se présente la première bosse, celle où l’an dernier je m’étais fait piéger: obligé de poser pied à terre dans l’embouteillage, puis cassure du peloton, puis impossible de reprendre le contact.

Vers le 35ème kilomètre j’essaye de remonter, mais impossible de progresser: soit ça roule à 50 et je n’ai pas les jambes pour doubler, soit ça roule à 40 et aussitôt le peloton s’élargit pour occuper toute la chaussée, se compacifie et devient impénétrable pour un novice comme moi, qui n’a pas l’habitude de frotter du coude et des hanches pour conquérir sa place. Et en plus la route rétrécit. A peu près 43km/h de moyenne sur la première heure – ça roule fort – et nerveusement: vigilance permanente obligatoire, doigts crispés sur les freins, pour pouvoir absorber sans dégâts les à-coups de la course, les rétrécissements des ponts, les voitures effarées qui arrivent en face…

Arrive la fameuse bosse du km49. Et là, même scénario que l’an dernier: devant la difficulté, le peloton se casse en deux, et je suis trop loin derrière pour espérer reprendre le contact avec la soixantaine d’échappés du premier groupe. Je n’essaierai pas de partir tout seul en chasse comme l’an dernier – sagesse de l’expérience, je n’ai désormais plus la présomption de penser pouvoir rattraper un peloton qui roule à plus de 40 sur du vallonné!

Je reste donc dans le peloton de chasse. Finalement, rouler à 40 dans ce peloton est assez confortable, grâce à l’aspiration. A vue de nez, un petit 200 Watt tranquille permet de se maintenir sans trop d’effort. Juste penser à s’hydrater – pas trop, 25 cl par heure, je n’ai que 2 bidons de 50cl – et maintenir la glycémie à coups de maltodextrine. Ce qui est le plus dur, en fait, c’est après un virage, ou un obstacle, ou un coup de bordure, quand le trou se crée, et qu’il faut tout donner pour reboucher: 500 Watts sur 20 ou 30 secondes. Ou alors, quand il y a une bosse, et qu’il faut cracher 350-400 Watts sur 3 ou 4 minutes pour rester au contact de la tête du peloton – serrer les dents et visser – des fois que des mauvais plaisantins veuillent profiter d’une cassure pour lancer une attaque en haut, quand 20m d’avance pris dans la bosse se transforment en 100m sur le plat. Dans ces moments, un coup d’œil au cadiofréquencemètre indique parfois des pointes jusqu’à 98% de FCmax. Complètement dans le rouge. Mouliner après pour éliminer l’acide lactique, viser entre 90 et 95 tours/minute sur le compteur de fréquence. Les deux ou trois premières fois ça va, mais quand on en arrive à la 10 ou 12ème, ça finit par user!

Toutes les 5 ou 6 kilomètres, on voit ou entend un des nôtres qui explose méchamment: fracas du carbone qui se rompt, bruit sourd des clavicules qui cassent, camarades tombés au champ d’honneur, fauchés au hasard des écarts, des aléas de la route et des défaillances mécaniques. Qu’une roue avant frotte la roue arrière de celui qui précède dans le peloton compact, et c’est la chute assurée. Tout à l’heure, il y en a un qui a commencé à guidonner après avoir percé de l’avant en pleine descente: à 65 km/h, le fracas de la chute, inévitable, est terrible.

Pourtant la peur est absente de nos esprits. Les endorphines ont commencé à produire leur effet. Les jambes sont revenues, un sentiment d’invincibilité nous envahit, l’impression d’être immortel – tant qu’on est vivant! La vigilance est extrême, l’acuité des sens exacerbée. Comme si les nerfs optiques étaient en connexion directe avec les muscles des mains posées sur les cocottes, prêt à presser les leviers de freins ou à éviter l’obstacle dans la nano-seconde qui suit la perception du danger. Le sentiment d’une lucidité extrême nous envahit, malgré l’épuisement que génèrent les a-coups répétés. Dans ces moments, on comprend beaucoup de choses inaccessibles à l’homme moderne, rationnel et urbain: l’assaut des Grecs sur la côte de Troie, la folie des cuirassiers de Napoléon attaquant sabre au clair face à la mitraille, l’héroïsme tragique des poilus sur le Chemin des Dames partant à l’assaut des tranchées ennemies… on se sent comme eux, parmi eux, esprit, tripes et muscles entièrement tendus vers l’accomplissement de l’objectif. Le cerveau moderne, le néocortex, siège du raisonnement et de l’abstraction, a depuis longtemps abdiqué, et c’est notre vieux cerveau reptilien, le seul à même d’assurer la survie dans les conditions extrêmes, qui a pris le contrôle, ignorant la peur et la douleur, décuplant force et réflexes, par un torrent d’adrénaline et d’endorphines. Le mythe freudien de la horde primitive fonctionne à plein, fratrie unie pour cannibaliser le Père, dominateur et échappé. Les neuro-sciences, mais aussi Darwin et Freud, tout pointe vers cette part bestiale, animale et primitive, tapie au fond de chacun d’entre nous, et qui se réveille et prend le contrôle lorsque les circonstances se durcissent.
Ce qui rend possible ces moyennes élevées que jamais je n’aurais pu réaliser seul, c’est bien sûr l’aspiration physique du groupe, mais c’est aussi (et surtout?) l’exaltation collective – l’excitation de la meute qui chasse. Un sentiment de plénitude profonde nous envahit, celui d’être enfin en accord fondamental avec soi-même, avec notre véritable nature humaine, notre authentique « état de nature ». Refuser cette vie que l’on veut nous infliger, celle du pseudo-homme moderne, passant ses journées assis devant son ordinateur dans une tour de la Défense – et redevenir homme parmi les hommes, espèce sélectionnée et façonnée par la nature pendant des centaines de milliers d’années pour trouver son salut et son accomplissement dans la chasse au mammouth et la résistance aux grands prédateurs, en meute, bravant le danger, la souffrance, le froid, la fatigue, jetant dans le combat ses ultimes ressources physiques… Depuis quelques millénaires, l’homme est sédentaire et cultivateur, depuis quelques dizaines d’années, il vit assis dans un bureau, va au supermarché pour assurer sa subsistance et compte sur la police pour assurer sa sécurité. Mais qu’est-ce que pèsent ces quelques siècles et années au regard des millions d’années qui ont vu l’homme évoluer, et qui nous ont façonnées en tant qu’espèce? Rien. L’homme a passé infiniment plus de temps à façonner des bifaces pour chasser le mammouth qu’à cultiver la terre, écrire, ou aller le week-end chez Auchan. Le malaise existentiel profond de l’homme moderne n’est-il pas justement dû à ce déni de notre état de nature, à ce mode de vie moderne qui est en si flagrante contradiction avec ce pour quoi la nature nous a patiemment fait évoluer pendant ces centaines de milliers d’années. Du point de vue de l’évolution des espèces, nous sommes mentalement et physiologiquement très proches des hommes des cavernes, et pourtant notre mode de vie moderne nous éloigne de tout ce pour quoi la nature nous a sélectionnés pour réussir. Jeter ce masque que l’on nous impose, craquer le vernis de la civilisation et retrouver la jubilation profonde de pouvoir enfin donner libre-cours à sa férocité primitive et humaine, si humaine. Ce retour périodique à notre état de nature est indispensable pour conserver notre santé mentale, puisque lui seul nous permet d’être en pleine harmonie avec notre nature profonde de prédateur. Alors certes, les compétitions cyclistes sont dangereuses: à toutes les courses, je vois plusieurs blessés, avec des fractures diverses, et l’on ne compte plus les morts sur les routes de France à l’entraînement – d’un point de vus statistique, le cyclisme est même infiniment plus dangereux que des sports pourtant réputés à risque, comme la Formule 1, par exemple, où le dernier décès observé doit être celui d’Ayrton Senna il y a une quinzaine d’années. Cependant, le cyclisme – ainsi que quelques autres sports dits extrêmes – est indispensable pour notre santé, en tant qu’exutoire de la part primitive de l’homme, évitant ainsi les débordements régressifs habituellement observés chez nos contemporains, mais qui ont le grave inconvénient d’affecter des tiers non volontaires: guerres, crimes en série, viols, affrontement entre bandes urbaines… Cette possibilité de se dépasser, d’aller à ses limites physiologiques et même au-delà – grâce aux flux hormonaux que génère un effort intense et prolongé – est le propre des vrais sports, par opposition aux simples jeux, ceux qui abreuvent les écrans cathodiques et les pages des journaux, footballeurs comédiens surpayés aux capacités aérobiques de crevettes, tennismen aux bras asymétriques et difformes… Elle explique sans excuser aussi le côté sombre du sport, la tentation de basculer du côté obscur, de conjurer les frustrantes limites biologiques de l’organisme par les ressources de la chimie, tentation qui par définition est la marque des grands, des vrais sports, ceux qui pour réussir exigent le dépassement total de soi, au-delà des limites humaines. Car celui qui a goûté à la chose, qui a su se dépasser, ne peut qu’embrasser le choix d’Achille: plutôt une vie courte et palpitante, que longue et sans relief!

Vers le km120, grosse chute du peloton juste devant moi, une vingtaine de coureurs gémissant au sol, dispersés dans tous les sens, sur toute la largeur de la route et au-delà. C’est à ce moment que je remercie les dieux pour avoir persévéré dans ma tactique de positionnement. Au lieu de rouler comme tout le monde au milieu du peloton à 10 cm de la roue de devant, je me suis toujours mis sur le côté, à 50 cm de la roue qui me précède (car s’il y a plus de 50cm, un gars vient forcément s’intercaler). Ça consomme quelques watts de plus, mais en cas d’explosion du peloton, on a une petite chance de pouvoir tomber non sur le bitume, au milieu des coureurs fracturés, des roues tordues et les fourches cassées, mais sur la terre molle et accueillante de notre bonne campagne beauceronne – qui me reçoit avec douceur. Bilan de la chute: l’extrémité du petit doigt légèrement éraflée – et surtout, le vélo est complètement intact! Pas de bobo, même pas une éraflure sur le dérailleur, mais le temps de se relever, de quitter le champ et de remonter sur le vélo, les survivants du peloton sont déjà loin – partis sans compassion excessive pour les victimes, car tous connaissent la dure loi du peloton: après la chute, la course continue – pas de pitié pour les blessés et les attardés. Au contraire des triathlons que je pratique habituellement, ici, pas d’encouragements mutuels, pas d’entraide, et quasiment pas de visages féminins: ce sont là des courses âpres et violentes, populaires, animées d’une rage mâle, sourde et primitive, placées sous le signe de la testostérone et du sang.

Nous finirons les 30 derniers kilomètres à trois, en fait que deux à se relayer mollement, un peu victimes de la chute, mais surtout de la baisse d’adrénaline consécutive à la solitude en rase campagne et à la disparition du risque de chute, passée l’excitation de la meute en chasse. 32km/h de moyenne tout au plus sur cette fin de parcours. C’est dans ces moments qu’il faut faire face à toute la détresse humaine, cette terrible Hilflosigkeit qui nous laisse seuls et désemparés, sans force, en rase campagne, luttant contre le vent. Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné? Les images des Achéens, des Cuirassiers ou des poilus montant à l’assaut ont disparu, c’est plutôt le franchissement de la Berezina qui hante mon esprit, la lassitude d’Ulysse retournant vers Ithaque, le sentiment d’être abandonné par ses forces, harcelé par la nature, la douleur d’une tendinite qui revient se faire sentir, la question de savoir si à l’approche de la cinquantaine tout cela est vraiment raisonnable, l’envie d’en finir et de retrouver le foyer et sa famille au coin du feu, avec un bon chocolat… Les Grecs l’avaient bien compris. D’abord est le temps de l’Hybris, la volonté folle de vouloir échapper à sa condition, d’égaler les Dieux, puis vient, inévitablement, la Chute – la némésis divine – qui nous ramène à notre triste réalité humaine. Les courbes qui régissent le taux d’endorphine dans une course de vélo, le vol d’Icare, ou les marchés financiers, sont toutes identiques: une montée lente et progressive, s’emballant sur la fin, avant la chute, brutale et traumatisante. Hybris et némésis.

Enfin arrive le coup de cul final, dans le dernier kilomètre, dernière petite difficulté avant l’arrivée, et là, un énorme groupe nous double et nous dépose sur place, rincés que nous sommes par ces 30 kilomètres d’efforts et de désespérance quasi-solitaires. Encore une 60aine de places de perdues – mais bon, ça fait longtemps que l’objectif était surtout de rentrer.

Bilan: 3h51 – 243ème – 38,4 km/h de moyenne sur les 150km d’après le papier de l’organisation – meilleur temps que l’an dernier grâce au beau temps (nous avions eu pluie, froid et grêle l’an dernier – une vraie course pour guerrier au mental de Khmer), mais nettement moins bien placé à cause de la chute.

C’est en naviguant dans différentes dimensions que nous appréhendons le réel, et que nous construisons notre Weltanschauung.

L’homme peut se conscientiser en tant que siège de réactions biochimiques – le cycle de Krebs produit l’essentiel de l’énergie qui nous anime, tandis que les flux hormonaux régissent nos émotions. En vérité, l’homme n’est ultimement qu’atomes et molécules, et tout comportement humain, toute activité physique ou psychologique n’est au fond que le reflet des réactions chimiques élémentaires régissant l’interaction de ces particules.

Mais l’homme peut également se comprendre en tant que résultat actuel de l’évolution: chaque homme est le fruit de la sélection génétique accumulée de l’humanité, portant un bagage génétique amélioré de génération en génération, des premiers hominidés il y a plusieurs millions d’années, jusqu’à l’homo sapiens actuel – et même des êtres précédant les premiers hommes dans le grand arbre de l’évolution, depuis que l’ADN existe, de la première algue monocellulaire aux premiers mammifères. Nos comportements, nos envies, nos capacités et nos appétences sont aussi le résultat de cette longue évolution, de ce long débogage de notre code génétique.

Au-delà des aspects génétiques, ce qui fait la spécificité de notre espèce est la transmission d’un héritage culturel, d’une histoire, transmis de générations en générations, récits des épopées, des légendes et des contes qui façonnent immanquablement notre psyché, tandis que l’intuition Freudienne (la horde primitive, l’Hilflosigkeit..) éclaire notre habitus ethnique.

En notre conscience, ces différentes dimensions coexistent comme autant d’univers parallèles qui s’ignorent, décomposant notre vécu comme un prisme décompose la lumière, en différentes bandes de longueur d’onde parfaitement disjointes, figeant dans notre conscience une projection unidimensionnelle – et donc parcellaire – de notre vécu, de notre monde.

Cependant, en de rares moments, miraculeux, l’espace et le temps se courbent, la lumière se recompose, et ces univers se rejoignent en une conjonction parfaire, nous permettant alors d’accéder à une perception holistique et lucide de la condition humaine, dans sa grandeur et son infortune. Ce jour était un peut-être de ces moments.

La bête noire

 

Ça y est, j’ai enfin pu monter mon dernier vélo (pour les compétitions) – après avoir quelque peu galéré pour échanger la fourche d’origine, qui faisait l’objet d’un rappel.

Je reste fidèle à Cervélo – tout en cédant aux sirènes du carbone.

Cadre SLC-SL, montage tout Campa Record, roues Zipp… que du bon! Il est bon d’arriver à un âge où on peut se permettre ce petit genre de plaisir, même si tout ça ne remplace pas des jambes de 30 ans!

Acheté d’occase – ce qui me permet d’échapper au S3, qui vient de remplacer le SLC-SL, mais dont les couleurs auraient nettement juré avec mes jantes carbone. Le SLC-SL me permet de faire un montage tout en noir et blanc, d’une esthétique sobre et raffinée!

 


 

Promesse gâchée du numérique? Ça se discute…

J’avais inconsciemment posté mon texte sur La promesse gâchée du numérique sur le groupe de discussion dédié aux fanatiques de la photographie numérique (fr.rec.photo.numérique).

 

S’en est suivi une volée de bois vert et de réactions outrées!

Plus de 800 messages, qui abordent un peu tous les sujets: avantages comparés des disques RAID0 et RAID1, « transmission sociale qui ne se dissocie pas par construction dialectique arbitraire de la construction de l’individu et se satisfait et se complète aussi de l’appréhension du narcissisme des autres », avantages comparés de la diffusion des chaînes de la TNT en analogique par satellite et en numérique hertzien, vie et oeuvre de Jean-Louis Brau, bague de Rachida Dati et bourrelets de Sarkozy, chaussettes inusables, radio numérique vs. streaming en MP3, « Le numérique, ce n’est pas un idéal que l’on trahit, c’est une pratique de compromis », pouvoir d’achat comparé en France et en Suisse, traits normands et chevaux  sauteurs qui ont des sabots larges, pour la réception, chevaux galopeurs qui ont souvent des sabots plus petits…

 

Si vous avez du temps, tout est là:

Promesse gâchée du numérique – une discussion sur frpn

– il y a quelques perles dans la masse!
 

La promesse gâchée du numérique

 Qui pourra jamais exprimer l’immense tristesse, le goût amer, qu’inspire le formidable gâchis de ces 20 dernières années? Vingt années qui ont vu le grand dévoiement du numérique, et le reniement de sa promesse originelle.

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Début des années 80…  Jeunes ingénieurs, nous voyions bien que le numérique allait irréversiblement envahir notre univers, mettant fin à des millénaires de règne de l’analogique. Nous étions véritablement à l’aube d’une ère nouvelle, celle qui verrait l’Homme conserver et transmettre l’ensemble des signaux non plus sous leur forme analogique traditionnelle, comme il le faisait depuis les premiers hiéroglyphes et papyrus, mais sous forme numérique.

Quel espoir alors! Le numérique promettait le stockage, le transport, et la reproduction à l’infini d’une information rigoureusement fidèle à son modèle original.

Nous nous pressions dans les amphis de Traitement du Signal Numérique, y voyant les prémices d’un monde meilleur, où la qualité du numérique finirait par s’imposer partout, percolant notre civilisation, du laboratoire du chercheur jusqu’aux foyers des citoyens de tous les continents.

Le théorème de Shannon était la plus miraculeuse des révélations, qui prédisait qu’il suffisait d’échantillonner un signal à une fréquence deux fois plus élevée que la bande passante humainement audible pour n’en perdre aucune information perceptible.

C’est ainsi que naquirent les CD, première concrétisation pour le grand public de la promesse du numérique: une qualité technique irréprochable, loin au dessus du vinyl, diffusable et reproductible, sans perte, à l’infini, pour un coût qui ne pouvait tendre que vers le dérisoire.

Le CD était encore dans les labos que déjà l’on travaillait sur la télévision du futur, la TV HD et sa version intermédiaire, le D2 Mac Paquet, qui seraient à la télévision ce que le CD était au vinyl, tandis que d’autres inventaient la radio numérique (la DAB), avec une qualité audio égale à celle du CD.

Et puis, insensiblement, inéluctablement, tout s’est effondré.

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L’enthousiasme des chercheurs du monde entier dut rapidement céder devant le réalisme des opérateurs commerciaux.

Très vite, ceux-ci comprirent que la génération de nouveaux revenus se ferait bien plus par la multiplication quantitative des contenus que par leur amélioration technique. Il fut très vite évident qu’il était bien plus rentable de multiplier la quantité de tuyaux que d’améliorer une qualité que personne n’était prêt à payer.

Fort de ce constat, toute la puissance du numérique, tous ces subtils algorithmes de traitement et de transmission du signal, issus des cerveaux les plus brillants d’une génération de chercheurs, n’eurent plus qu’un objectif unique: multiplier la quantité, à l’infini, en dégradant leur qualité, à l’extrême.

Et c’est ainsi que fut dévoyée la Grande Promesse du Numérique.

Aujourd’hui, nous sombrons sous l’avalanche de la médiocrité numérique. Une médiocrité technique reproduite – sans perte! – à l’infini, à la vitesse du net. Et qui progressivement contamine la qualité des contenus.

Le phénomène est général, et touche aujourd’hui tous les moyens de communication, aussi bien la vidéo que l’audio, l’image ou l’écrit.

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En vidéo, les box des opérateurs ADSL nous submergent de centaines de canaux hyper-compressés à la qualité indigente. Le paradoxe est que nous avons jamais eu d’aussi grands écrans, qui rendent cette médiocrité technique encore plus flagrante: images qui se figent ou qui se pixellisent dès que ça bouge un peu, blocs de pixels oubliés, posterisation insoutenable, résolutions asthéniques, perte de synchronisation image / son… Et tout le monde trouve normal aujourd’hui de regarder une télévision techniquement et visuellement bien inférieure à celle que nous regardions il y a 20 ans grâce à nos bonnes vieilles antennes hertziennes.

Encore, ceci n’est rien comparé aux nouveaux modes de consommation des flux vidéo, qui enfoncent toujours plus bas le plancher de la médiocrité visuelle. Car si la télévision tombe heureusement aujourd’hui en déshérence, les vidéos sont désormais consommées sur YouTube ou DailyMotion. Toujours plus de quantité, toujours moins de qualité: ce ne sont plus des centaines de chaînes, mais des millions de clips vidéos qui sont disponibles, au prix d’une dégradation de leur qualité technique qui ferait passer les installations des frères Lumière (et même l’ADSL) pour le nec plus ultra en qualité vidéo!

Et la course à la médiocrité continue, car il existe pire que YouTube. Les opérateurs cellulaires s’en mêlent, et pour faire consommer de la 3G, ils nous font regarder des matches de foot ou Ben Hur en 320 x 240, sur l’écran d’un téléphone portable…

Et le comble, mais aussi de plus en plus populaire : les vidéos filmées au téléphone portable et téléchargées sur YouTube. Le comble de la médiocrité en vidéo. Toujours plus de choix, entre des flux toujours plus médiocres…

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En audio ce n’est pas mieux. Au début de l’Ere Numérique est sorti le CD, porteur des plus grandes promesses. Un son clair, pas de compression, une amélioration significative et continue de générations en générations, des rouleaux de cire à la platine tourne-disque en passant par les bandes magnétiques.

Mais ici aussi, tout s’est dégradé. Il s’est vite agit de faire passer le plus de son possible sur les réseaux, sur les médias, de compresser le plus de chansons possibles sur les cartes flash des baladeurs MP3, ou sur les web radio. Là encore, course à la médiocrité et à la surabondance quantitative. Nous pouvons mettre 6000 morceaux sur un iPod, nous pouvons pirater 2 millions de morceaux de musique sur Internet, mais on ne peut plus écouter une seule chanson avec la qualité des CD que nous achetions il y a 25 ans!

A cette époque, on achetait sa chaine HiFi par composant (ampli, tuner, CD, enceintes…) en choisissant soigneusement les éléments, en comparant taux de distorsion et puissance nominale… Aujourd’hui, la notion de HiFi a disparu. Passons à la FNAC: on n’y trouve plus que des casques qui rendent sourd et autiste, des baladeurs MP3 victimes de la compression sauvage des médias, et des microchaînes qui gèrent les CD audio, les CD ROM, les DVD, le Blu Ray, les Super audio CD, le DivX, le XVid, le WMA, le WAV, le MP3, les ports USB et les cartes CF ou SD… mais qui sont incapables de rendre un son correct avec leurs micro-enceintes neurasthéniques, et qui tombent systématiquement en panne au bout de 13 mois. Noyés sous la médiocrité nous sommes – encore et toujours.

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En photo, pareil.

L’amateur de belles images n’a plus le choix. Tout d’abord, il faut bien passer au numérique : la filière argentique est morte, et plus personne n’a envie de faire une séance de diapo ou même de voir un album. On envoie ses images par mail, on les partage sur la télé ou sur l’ordinateur familial, sur son blog ou son site web… Quant au professionnel, ça fait longtemps que ses clients exigent du numérique.

Il y a 30 ans, on pouvait faire de très belles photos avec un appareil réflex à 1000 Francs et un objectif 50 mm.

Aujourd’hui, une fois accepté le passage au numérique, l’amateur est confronté à un vrai dilemme : soit il veut aller vers le qualitatif, et il lui faut un réflex numérique, qui va lui revenir à 1000 euros avec ses objectifs, et beaucoup plus (4000 euros) s’il veut retrouver le même degré de qualité qu’un réflex argentique à 150 euros (capteur « full frame » 24×36, permettant de retrouver la même profondeur de champ qu’un réflex argentique, objectif lumineux), et encore sans compter l’informatique qui va avec, soit il reste dans le bas de gamme, il va prendre un compact survitaminé en pixel, qui sait détecter les sourires (et si je veux photographier la tristesse, comment je fais?), mais dont les images seront invariablement médiocres, cramées dans les lumières, bruitées dans les pénombres, au bokeh minable, sans compter l’inévitable flash qui donnera à ses innocentes victimes l’apparence de lapins myxomatosés.

Même en supposant qu’il casse sa tirelire et qu’il prenne un reflex haut de gamme, que fera notre amateur de ses milliers d’images à 12 mégapixels ?

Soit, après les avoir comprimées, il les enverra à un site qui assurera les tirages pour un résultat aléatoire (aucun contrôle sur les espaces colorimétriques et la balance des blancs), soit il les enverra sans compression à ses amis, mais leur taille gigantesque ne franchira pas les boîtes e-mail de ses destinataires, soit il les comprimera sauvagement, ce qui donnera un effet de pixels en mosaïque improbable mais esthétiquement douteux… Ou alors il passera ses longues soirées d’hiver sur Photoshop pour avoir un résultat exploitable – autant sire que tirer ses photos dans les cuvettes de révélateur et de fixateur était une formalité rapide à côté!

La course à la médiocrité technique continue, vers une image toujours plus mauvaise, avec le déferlement des photos comprimées à la hache, prises au compact, imprimées avec l’imprimante maison non calibrée sur un papier minable, envoyées sur un site de tirage discount au rendu aléatoire, affichées sur un blog en web colors. Mais le pire reste à venir, avec la généralisation du téléphone portable en tant qu’appareil photo. Car si pour les nouvelles générations, le standard de la vidéo c’est YouTube, le standard des photos c’est Nokia – comble de l’abomination pour l’amateur de belles images.

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Le pire est que le syndrome de la médiocrité numérique est en train par contagion de contaminer toute notre industrie, tout notre environnement mental et culturel. Car la corruption de la forme contamine le fond.

On le sent bien, l’exigence morale et artistique ne saurait s’accommoder de la médiocrité des supports. On devine la profonde alchimie existant entre la forme d’une œuvre et son support: imagine-t-on voir Casablanca sur YouTube? Cartier-Bresson, Ansel Adams auraient-ils fait leurs photos sur un Nokia? Van Gogh aurait-il pu créer sur un écran XVGA? Comment un consommateur intoxiqué à l’image de son téléphone portable ou aux vidéos sur YouTube pourrait-il développer une appétence pour des contenus qualitativement ambitieux?

L’abaissement du niveau d’exigence sur la forme induit immanquablement l’abaissement des attentes sur le fond. La consommation culturelle passe d’un plaisir de gourmet, consommation occasionnelle de quelques oeuvres de grande qualité, à une boulimie de contenus médiocres. Noyé sous la médiocrité et la multiplicité des contenus, le consommateur succombe, devient victime d’une véritable addiction à la junk-food culturelle – généralisation de l’esthétique du clip et de la publicité, orgie des mauvaises graisses de l’ère numérique, blogs écrits en langage SMS, clips vidéo tournés au portable…

Si la multiplication quantitative des oeuvres abaisse durablement le niveau qualitatif de la demande, elle n’est pas non plus sans effet sur l’offre. La multiplication des oeuvres et des médias induit nécessairement le morcellement des audiences, et donc du financement de la production. Seule la production d’émissions dites de « flux » permet d’alimenter la boulimie: télé-réalité sur toutes les chaines, matches de foot ad nauseam, séries produites au kilomètre… Produire beaucoup, à bas coût.

Le web 2.0, en désintermédiant la diffusion des contenus, et en mettant tout consommateur en position d créateur, présente au spectateur une offre incommensurable mais plate, sans la mise en relief, la prioritisation qui étaient l’apanage des médias traditionnels et des strates filtrantes journaslitico-artistiques. Comment déceler la pépite au milieu des millions de tonnes de minerai sans intérêt? Le mode d’accession à la notoriété, basé essentiellement sur la propagation virale, fait qu’un clip vidéo montrant un chat qui attaque son maître aura forcément plus de succès qu’un Potemkine ou qu’un Casablanca, dont le format ne se prête de toute façon pas aux nouveaux modes de diffusion des médias.

Pire, la production populaire est elle-même en danger. Au temps de l’argentique, on réfléchissait avant d’appuyer sur le déclencheur. Une photo prise devait être développée, et souvent tirée. Tout cela avait un coût, qui incitait à réfléchir avant de déclencher.

En numérique, déclencher ne coûte rien. Et donc, on mitraille. Et là encore la forme technique de l’acte ruine le fond.

Là où avant on aurait fait 12 photos – dont 3 ou 4 bonnes – aujourd’hui on en fait 150, dont aucune bonne, puisqu’on shoote sans réfléchir, en toute impunité : de toute façon si c’est mauvais on effacera. Et ce sentiment consternant, déjà ressenti, en voyant ses photos sur l’ordinateur: noyés sous la médiocrité numérique – encore et toujours.

Autre facteur, la reproductibilité et la transmission par réseau, sans perte et à coût marginal nul, entraînent inéluctablement la disparition des supports physiques (disques, livres, journaux…). La conséquence inéluctable de la disparition des contenants est la gratuité des contenus, car la grande escroquerie de l’art est alors exposée: le consommateur croyait acheter du papier ou du vinyle, quand il payait des journalistes ou des artistes. Et la gratuité, qui impose in fine la publicité ou la prestation « live » comme seule source viable de financement, contribue encore à la dégradation qualitative des contenus.

 

On voit bien la tendance actuelle pour les artistes, sous couvert de modernité, de se tourner vers ces moyens techniquement rustiques, cette mode agaçante des films tournés à la caméra DV, à l’épaule ou au poing, la récupération par Gondry et quelques autres de l’esthétique YouTube dans leur clips, les artistes qui exposent leurs œuvres sur écran… Mais quelle misère, quelle pauvreté affligeante. Quelle tristesse de voir artistes et spectateurs accepter une telle dégradation! En vérité, la médiocrité profonde de leurs supports fait qu’artistes et créateurs délaissent toute ambition créative, renoncent au souffle, à l’ambition… qui fondent les grandes œuvres. Nous sommes à l’époque de l’esthétique du clip à 20000 euros, tourné à la caméra DV et diffusé sur YouTube – pauvre idéal esthétique d’une génération culturellement sacrifiée.

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Aujourd’hui, quand je veux reprendre contact avec le beau, voir, sentir, toucher un bel objet, je vais faire du vélo.

Un vélo reste un objet relativement simple. Pour quelques milliers d’euros il est possible d’atteindre l’excellence: qualité des composants, performance, durabilité, esthétique. Cadre, tige de selle, prolongateur, pédalier et fourche en carbone tressé haut module, roue à jante haute carbone alvéolé, profils aérodynamique étudié en soufflerie, roulements à bille en céramique, boyaux fabriqués à la main en Italie, cassette et attaches rapides en titane, compteur de cadence et de vitesse sans fil… Des éléments sélectionnés composant par composant, façonnés en petite série par des artisans passionnés. Et de bon matin, je pars dans les vallons de Chevreuse, profitant du plaisir d’esthète de chevaucher cet objet unique, oxymore technico-industriel, qui a su fièrement résister au marasme esthétique ambiant et au grand naufrage de la massification et de la désacralisation des cultures et des pratiques.

Rejetons le dévoiement du numérique! Il n’y a plus rien à attendre des médias de masse, submergés par l’avalanche de la médiocrité numérique. Que chacun cultive son jardin, selon ses moyens et ses goûts, et trouve son salut et l’émotion esthétique dans l’amour du beau, loin des canons des productions de masse contemporaines!