Archives de catégorie : Vie de banlieue

Dérèglements

J’étais hier dans le parking de Roissy.

Le parking est équipé depuis quelque temps d’un dispositif en voie de prolifération accélérée, qui permet de repérer de loin les places libres: vert c’est libre, rouge c’est occupé.

Pourtant, ce dispositif n’est pas parfait. Une lumière verte vient parfois signaler une place occupée.

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Défaut de capteur? Bug informatique?

Il est plaisant de constater que même dans nos sociétés hyper-numériques, de mystérieux dérèglements subsistent, et viennent perturber l’ordre programmé des choses.

Et c’est ainsi qu’une chose aussi grosse, numérique et connectée qu’un Boeing peut simplement disparaître, comme ça, dans le néant, sans laisser de trace dans l’univers digital.

Car la complexité infinie des rouages internes du numérique font certes sa force – qui génère ce sentiment d’oppression qui parfois nous accable – mais aussi sa  finalement très grande et inquiétante vulnérabilité, face à la brutalité simple et évidente de la simplicité, rustique et rusée.

 

Fin de partie

Ça y est. Il fallait bien que ça finisse par arriver un jour.

De grands camions sont arrivés, et les baraques du front de Seine ont été démolies et enlevées.

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Ici, on s’active sur la maison d’Yvan, de Linda, de Maria, et d’Ognian. Yvan m’avait dit qu’ils habitaient ici depuis 12 ans, et qu’ils comptaient bien encore rester.

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J’ai demandé aux travailleurs de qui était venu l’ordre, mais la plupart ne savent pas. La Mairie, ou peut être la Police, ou sinon le Département…

Bien sûr, comme le suggère la Marquise, je ne doute pas qu’une solution a été trouvée par les services sociaux.

Néanmoins, on ne peut s’empêcher de penser que c’est cette décorrélation profonde entre les fonctions de décision et d’exécution, inhérente à toute société moderne, qui rend finalement TOUT possible. Les uns ignorent la réalité humaine du terrain tandis que les autres ne font qu’exécuter les ordres.

Labour / Ognian

Repassé aujourd’hui sur les berges du Pont de Bezons.

La tente de M a disparu.

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La terre a été retournée à la pelleteuse, pour qu’aucune nouvelle cabane ne puisse être  installée.

J’en ai discuté avec Ognian, qui habite 20m plus loin, mais lui il s’en fout, il est bulgare, pas roumain.

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Cormorans

En allant à Bezons, je m’arrête parfois à l’Etang de Villeneuve, à Marnes la Coquette.

J’aime à contempler les cormorans qui sèchent leurs ailes sur le grand arbre qui domine la petite île:

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Je visite aussi toujours le héron qui hante les lieux.

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L’île aux cormorans…

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Bonne année!

Enfin j’ai pu un peu parler avec M, qui habite ici, au pied du Pont de Bezons. M ne veut pas qu’on la photographie, elle et sa fille, et elle insiste bien: elle est Roumaine, de Constanța, pas Rom.

Elle a décoré avec amour son sapin, pourtant battu par les grands vents qui balaient le val de Seine en ce début d’année, et malgré le froid et le vent, son message est empreint d’un optimisme revigorant.

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Et moi aussi, je souhaite bonne année 2014 à tous les lecteurs de ce blog!

Les péniches de Bezons

A Bezons, treize péniches sont amarrées et habitées.

Chacune a sa personnalité. Certaines, décorées amoureusement sont gardés par de farouches défenseurs.

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En face, l’île aux fleurs, quasiment engloutie sous les eaux.

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D’autres péniches préfèrent la protection bienveillante de Bouddha et des tours de la Défense…
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…ou d’une figure africaine…

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J’ai pas mal discuté avec les pénichards. L’eau est extraite de la Seine et filtrée à bord – une eau finalement probablement plus propre que celle que boivent les parisiens, puisque l’origine en est la même mais qu’elle ne se charge pas en métaux en transitant par toutes les installations nécessaires à la distribution publique. L’électricité est fournie par EDF (branchement forain), et le ramassage des ordures est méticuleusement organisé.

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K apprécie beaucoup la vie en péniche, la tranquillité, pas de voisins. « Quand on a connu la vie en péniche, on ne peut plus habiter ailleurs ». Un point de vue que me confirmera sa voisine Micaella, qui a défriché et qui cultive fièrement un petit lopin de terre en face de sa péniche.

Par contre, rester amarré ici est souvent interdit, il y a les péniches légales et les péniches illégales. On m’explique que les péniches illégales doivent s’acquitter d’une amende mensuelle, non négligeable (près de 500 euros), auprès des VNF, même si on n’a pas de taxe foncière à payer. Certains pénichards ont trouvé une solution: dans la vaste surface dont ils disposent,  ils aménagent un petit logement séparé, qu’ils louent pour le prix de l’amende.

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